Périodiquement, mon épouse me demande "alors, qu'est ce qu'il se passe dans le monde ?"

Après avoir réfreiné une envie de lui rappeler qu'elle est abonnée aux newsletters de la Sierra Club Coalition, du New York Times et de Moveon.org (hé, ho, elle aussi, elle pourrait me faire une revue de presse!), je lui résume ce que j'ai lu la veille dans Libé, sur rezo.net, et le long de l'amalgame confus de liens parcourus au cours de mes pérégrinations sur le ouèbe au boulot.

Force m'est de constater que, ces temps-ci, politiquement, j'ai envie de jouer à des jeux vidéos. Faire du vroum vroum en chantant l'Internationale quand j'arrive premier (tout ça parce que je ne connais pas toutes les paroles du chant des Partisans. D'ailleurs, celle là, je la fredonne uniquement à ma fille pour l'endormir, quel dommage...), ou jouer à Civilization en niquant toutes les autres civilisations avec un régime écologiste à consonances communistes et pacifistes.

Parce que, bon, pas plus que l'année dernière ou l'année prochaine (vous y croyez encore, au retour de la gauche en 2007?), l'actualité politique est déprimante.

J'en tire d'ailleurs la conclusion que les gens sont de plus en plus cons.

Le prix du plein augmente, et que réclame l'opinion ? Une vraie politique alternative au tout bagnole, avec péages à l'entrée des villes (après Londres, j'ai lu que Milan s'y est mis aussi), chèque transport pour des abonnements aux bus ou aux trains, relocalisation d'industries...

Non. Une réforme de la TIPP.

Les gens sont des cons.

Ou encore, ils semblent préférer ou l'extrême droite, ou la fadeur centre gauche. A pleurer.

Quand on va du côté des politisés, des militants, même s'ils semblent au fait de ce qui se passe et de ce qu'il faudrait faire, ils me semblent déconnectés du monde. Enfin, de l'opinion. Ils devraient se faire des stages de regardage intensif de la télé, avec prise de notes des sujets évoqués, et reformulation des problèmes pour transformer la bile visqueuse servant de réflexion aux journalistes télé en appui de leur thèse.

Exemple : plutôt que de gueuler sur le traitement médiatique de la crise des banlieues, pourquoi ne pas reprendre le nombre des voitures brûlées pour estimer la masse de CO2 supprimée de la moyenne nationale ?

Bien sûr, je déconne. Je suis déprimé.

Aujourd'hui, j'ai dit à ma femme que, si ça se trouve, en 2008, on aura des femmes présidentes aux Etats Unis, en France et en Allemagne. Elle a dit que ça serait bien, non ?

Cinq minutes après, ma voiture tuning-turbo-machin chouette tirait la bourre à une demi douzaine de tarés du volant...


Note le lendemain : en plus, ce matin, je lis dans le journal que des chauffeurs de bus Lyonnais se sont mis en grève pour protester contre les mauvaises conditions d'hygiène dues à la fréquentation de leurs lignes par des SDF et des Roms. Les gens sont des cons.