22 juin 2006
Maëster, voire même Doctorant
Alléluia, le blogue de Maëster existe (je l'ai rencontré)!
M'étant initié grâce à cet irremplaçable auteur au polar ("... et boules de gommes", nan, j'déconne, j'suis plutôt Jim Tompson...), à la religion (les "Soeurs Marie Thérèse", dont je regrette la disparition de la Mère Supérieure....) et à la sexualité (Athanagor Gewurlitzer, nan, j'déconne, j'me suis initié avec, heu... merde, j'oubliais que ma femme lisais ce blogue...), c'est avec plaisir et déléctation que je le vois arriver sur le Net, en ayant l'air de ne pas mâcher sa gomme...
Une petite inquiétude : parti avec tant d'enthousiasme, il pourrait en revenir trop vite.
Une petite déception : il faudrait lui faire découvrir les avantages de la licence Creative Commons pour ses oeuvres bloguesques, ça ferait de lui un Dieu du Net.
Une petite révélation : contrairement à ce qu'en disait Gaudelette, il n'a pas l'air d'un alcoolique jouant au ping pong.
Une petite incompréhension : alors maintenant, Soeur Marie Thérèse, c'est dans l'Echo des Savanes ? Mais chez qui édite-t-il donc maintenant ? Faudrait qu'il mette un post-it pour expliquer tout ça...
Des fois, il m'arrive de fantasmer, et pas uniquement sur des blondes à fortes poitrines. Amateur de jeux vidéos vroum vroum, mais regrettant la dérive images de synthèses - réalisme qui nous fait regretter la fraîcheur des jeux genre "Day of the Tentacule", par ailleurs amateur de 2CV, j'avais imaginé un jeu vidéo avec des personnages Maësteriens de course de deudeuches dans la campagne provençale, avec un flic abscon, une bonne soeur qu'on ne présente plus, un boucher végétarien, peut être un ossédé sessuel et une de ses créatures, chacun avec ses tares et ses bottes cachées (bon pour le gameplay), embringués dans une histoire à base de vroum vroum, de tirage de bourre avec deuches améliorables et armées, et d'intrigues intriguantes.
J'avais même pensé à une extension appelée "les immigrants", avec :
- un touriste américain: avantage : la fine fleur de la technologie, vision nocturne, GPS et tout le tralala; inconvénient : un surpoids qui fait pencher la deuche sur le côté
- un immigrant du Maghreb : avantage : spécialiste de la course sur piste; inconvénient : il n'arrête pas de se faire courser par le service de l'immigration
- la bonne soeur : avantage : elle a le Seigneur de son côté; inconvénient : elle est constamment bourrée au vin de messe
- un flic : avantage : il a des renforts jamais loin; inconvénient : il lâche tout dès qu'il voit l'immigrant du Maghreb
- etc, etc, le plus politiquement incorrect possible, certes, mais plutôt à gauche
Tout ce beau monde évoluerait dans une histoire de tournoi bientôt interrompu par l'intervention d'extraterrestres.
Vous n'allez jamais me croire, mais je me suis voulu scénariste, un jour. D'ailleurs, il faudra que je publie ma pièce de théâtre, inspirée de l'univers des Rats de Ptiluc...
Si des graphistes fous, des programmeurs besogneux, voulaient essayer le truc, je veux bien réecrire mes idées avec un scénario avec ses sept bobines en béton, et faire le son, aussi, tiens...
Mais le Maëster étant (selon ses propres dires) une burne en informatique, je doute que l'aventure lui plaise...
C'est bien dommage. Je me suis fait un jour la réflexion qu'il était à Gotlib ce que Woody Allen serait à Ingmar Bergman : le disciple fasciné par son modèle, excellent mais juste un tout petit peu moins bon... Un peu brouillon, un peu inégal...
Le génie de Woody Allen est d'avoir fait de cette conscience une qualité indéniable. Revoir "Husbands and Wives" pour en avoir une démonstration, d'ailleurs...
Alors, continuant dans la comparaison, Woody Allen tâtant de la clarinette, pourquoi le Maëster ne tâterait pas d'autre chose ? J'ai parlé de jeu vidéo, mais hé, et la télé ? Peut être pas le cinéma, dont la rigueur scénaristique l'emmerderait probablement (enfin, chais pas, j'le connais pas...), mais la télé aurait bien besoin d'un coup de frais. L'univers de Maëster dans la lucarne, ça me ferait presque racheter une télé (nan, j'attendrais la sortie en DVD...).
Bon. J'vais mettre un trackback sur son blogue pour qu'il lise ce que je dis... Si il lâche ses crayons de temps en temps... Et si les rélexions d'un glaneur de son sans prétention peuvent intéresser un tâcheur de papier canson...
22 mai 2006
Je suis allé voir Da Vinci Code
Et bon.
Ben voilà.
Par rapport au bouquin, y a comme une sensation de soufflé qui retombe, potoplof.
Oh, c'est un bon p'tit policier, un bon p'tit mystère, y a tout plein de jolis effets spéciaux...
Mais bon, c'est un peu moins bien rythmé, un peu moins bluffant, les acteurs cachetonnent sans pour autant être mauvais, et certaines scènes feraient presque rire, notament la scène de la révélation faite au personnage d'Audrey Tautou, Sophie Neveu.
C'est de cette scène dont je voulais causer, pour un truc qui m'a prodigieusement agacé. Un détail technique tout bête qui a contribué certainement à ma mauvaise perception de la dite scène.
Pendant un plan sur Tom Hanks, et un long plan de scène d'explication, en plus, la prise de son est à chier. Et je pèse mes mots.
Y a du souffle sur chacune de ses paroles, coupé dans chaque silence, caractéristique d'un "noise gate" de base. Il devait y avoir du vent ce jour là (les arbres derrière bougent pas mal). Du travail d'amateur.
Ce qui me surprend, c'est que, généralement, quand la prise est mauvaise, on la refait en post-synchro. C'est même devenu une manie sur les films Hollywoodiens, mais un peu moins en France, ou le cinéma est encore un artisanat (dommage que, par ailleurs, on ne donne toujours pas plus de moyens aux scénaristes, mais bon...).
J'ai lu à ce propos ceci, un manifeste des ingés sons aux Etats Unis à l'adresse des studios, se plaignant que, trop souvent, plutôt que de masquer une ombre de perche ou de réflechir à une alternative, on entend la phrase "on la refera en post-synchro" sur les plateaux de tournage. C'est dommage, on perd toute la qualité du son direct, et bien sûr une bonne part de l'interprétation...
Ou alors, on en fait un style à part entière, et ça donne les Sergio Leonne, Fellini, Visconti, etc.
Mais bon, là, dans cette scène du Da Vinci Code, ce n'était pas le cas. J'imagine qu'ils se sont dit encore une fois "on la refera en post synchro", sauf que Tom Hanks ne doit pas se déplacer en studio pour la beauté de l'art. Et donc, film grand public, ça a coûté assez cher et, même si le banco est assuré, "c'est assez bien pour ces cochons"...
Si même à Hollywood, où ça fait des années que l'on fait plus des "produits" que des films, la qualité technique se barre...
On s'était fait la réflexion avec ma femme, après avoir vu "The Island" (on en voit, des films d'auteur, hein ?), que les films, après les années 80 - 90 où on testaient les films sur des spectateurs branchés sur des électro cardiogrammes pour s'assurer que leur tension augmentait bien aux moments où il fallait, avait fait place aux années 2000, où toute l'action et le budget cascades étaient concentrées dans deux ou trois scènes (qu'on voit déjà par ailleurs dans les bandes annonces), le reste consistant en une accumulation de choses très méchantes que fait le méchant, et en oh et ha des personnages principaux devant la Révélation...
Bref, c'est vraiment devenu de la merde, les grosse machines Hollywoodiennes. On est loin des "Rencontres du troisième type", "Apocalypse now", etc.
Sinon, pour le Da Vinci Code, si le débat autour vous interpelle, lisez d'urgence "Le pendule de Foucault" de Umberto Ecco, et rappelez-vous d'une citation dans le bouquin de Dan Brown :"Everyone loves a good conspiracy". A méditer...
04 mai 2006
Un précurseur des blogs (à son corps défendant) est mort
Ca me rend tout triste.
Le ouèbe est envahi d'inutile, de malsain, de grotesque, d'abrutis, de fric - à - fric, de merdouillasse complaisante.
Tout le monde peut s'exprimer. Ca revient à dire que personne ne peut s'exprimer.
Ici et là, des ilôts. L'un d'eux vient de fermer :
Allez dans Google. Tapez, dans la barre de recherche, "Grosse fatigue". Vous tomberez sur une page qui annonce la triste nouvelle.
Grosse.fatigue.free.fr ferme définitivement sur un gros coup de blues.
Téléchargez ce qu'il y a à télécharger, le PDF de je ne sais plus combien de Mo. Lisez, y a de la matière.
Ca vallait le détour. Ca causait bien. C'était un univers. On se prenait à penser "ha, ya des gens qui savent écrire...".
C'était des chroniques sur tout ce qui peut passer par la tête d'un type assez flou. Un prof un peu aigri. Un râleur. Un Français comme on les aime. Un vrai de vrai, pas l'image d'Epinal ni le chauvin tranquillement raciste qu'on imagine en évoquant cette nationalité, mais un individualiste, un franc tireur, un râleur sans être con (très rare), un sodomiseur de mouches, un empêcheur de penser comment qu'on vous dit qu'il faudrait, un photographe argentique, un dinosaure décomplexé, un concept dont on se demande perpétuellement s'il est du passé ou à l'avant garde...
Je suis tout triste.
01 mai 2005
Nos amis les cons
Depuis 2003, je suis membre d'un, comment appeler ça, "forum" (si tant est qu'on le considère comme une place du marché où l'on ne vendrait que des idées rances et du poisson pourri) appelé très joliement "f*france.com".
C'était suite à la lecture dans le Monde de l'époque d'un petit article parlant du sentiment anti-français aux Etats Unis, et de sa visibilité sur le Web.
A l'époque, je planifiais un long voyage aux Etats Unis avec ma douce et délicieuse, et je me disais que, tiens, ça serait un bon moyen de pratiquer l'Anglais.
Et, de fait, j'ai fait de grands progrès. L'avantage de lire de longs articles écrits par ce qu'on pourrait considérer des tarés d'extrême droite est qu'on est forcé de lire attentivement, afin d'en relever toutes les absurdités, en évitant de devenir dans sa réponse un lapin idéaliste sur lequel une bande de chasseurs tirerait au M16.
Assez bizarrement, j'en ai conçu une propention à écouter plus attentivement les idées qui me font vomir. Une sorte de masochisme qui doit me venir de ce fameux mai 2002, où je m'étais consacré à la lecture exhaustive du pavé représentant le programme du Front National (vu leur plaisir manifeste à pondre des programmes au poids, je suis surpris de leur dédain pour le traité constitutionnel européen).
Deux ans après, qu'ai-je retenu et appris de cette participation à ce forum?
Déjà, que c'est toujours édifiant de se retrouver en présence virtuelle d'individus dont on a tendance à croire, à force de ne jamais en rencontrer, qu'il n'existent que dans un autre monde.
Que la haine est un marché porteur.
Que plus on est d'extrême droite, plus on est porté sur la pornographie.
Que la communication semble réellement impossible.
Maintenant, calmons-nous. Il s'agit là d'un forum, à priori le plus actif du genre, dont le nombre de membres doit culminer aux alentours de cent. Pas de représentativité à voir ici, même si fort logiquement les américains républicains y déversent là en même temps que leur bile l'incessante affirmation que le monde entier, à savoir inclus entre le Canada et le Mexique, "hait la France, l'ONU, les Démocrates, et les musulmans".
Mais bon, prenons le temps, histoire d'halluciner, de lister certains thèmes récurrents.
D'abord, les insultes. "Frog", "Socialists", sont des classiques amusants par leur absurdité. "Surrendering monkeys" ("singes qui se rendent") semble relativement nouveau. Il faut savoir qu'une de leur blagues favorites est "Qu'est ce que fait un Français devant l'ennemi : avant l'attaque, il lève les bras et crie "je me rends !". Rendons-leur justice : la ligne Maginot.
Ecartez les enfants, ça va devenir plus grave.
J'ai découvert une idée que je ne connaissais pas, même après m'être documenté sur le FN (même eux n'oseraient pas), qui est que la France et même l'Europe sont devenus musulmans. D'où les appelations "Frogistan" et "Eurabia". Donc, sans honte et pour cette raison, ils préconisent régulièrement l'anihilation, si possible avec l'aide militaire de George. Les termes "deportation" et "Kill them all" reviennent souvent. Mais n'aller pas les traiter d'antisémites. Non, les juifs d'Israël sont contre les musulmans, eux, ça va.
Bon.
Car évidemment, quand ils n'embrassent pas un portrait de Bush devant les caméras occidentales, tous les "muzzies" sont des terroristes. Et de préconiser des solutions que Mac Arthur ne renierait pas (tiens, celui-là, c'est un héros, vous saviez ça?).
Bon. De là, imaginez tout un tas de variations avec des adjectifs plus ou moins sexuels, et vous avez l'idée.
Par contre, j'ai été surpris par des comparaisons que je pensais au début de simples insultes gratuites. Dire de Chirac qu'il est un socialiste était déjà amusant, mais il y a un argumentaire : ben oui, il a toujours pas supprimé tous les droits sociaux (pourtant, il y travaille, ils devraient s'en rendre compte), donc il est socialiste.
Plus encore, saviez-vous que Hitler était un dictateur de gauche ? Un communiste ? Déjà, y a "Socialiste", dans "National Socialiste". Par ailleurs, son régime politique supposait un état fort, comme les gens de gauche (démocrates, marxistes, etc.) le veulent. Exemple : la sécurité sociale généralisée est une idée Nazie.
Je croyais sincèrement que c'était une blague, mais non. C'est extrêment argumenté.
J'ai même lu qu'Isaac Rabbin était un nazi.
N'importe qui à ma place aurait fermé la page en se disant que le Web était un fourmillière de conneries, quand même. Mais je rappelle que je désirais pratiquer mon Anglais, et que, pour une fois que je peux "discuter" avec des vrais cons, des estampillés, des vrais de vrais, du terroir et tout et tout, je vais pas me priver.
Argumentant sur l'écologie, j'ai appris que le CO2 dégagé par les automobiles était bon pour les arbres (suis-je bête : ça améliore leur photosynthèse...). J'ai aussi appris qu'en effet l'intervention en Irak avait un but d'appropriation de son pétrole, afin de financer la lutte pour le monde libre, sous entendu de tous ces socialistes qui ne font rien qu'à créer de nouvelles taxes pour empêcher de s'enrichir tranquillement.
Un des avantages indéniables de ce genre de cons, c'est qu'ils sont "tout en un". Chaque nouvel argument sur n'importe quel sujet est une bêtise de plus. Je ressents de la satisfaction de les voir idéalistiquement homogènes. Ca me rend moi-même homogène, mais du bon côté...
Là, j'ai mis ça pour montrer que ça fait pas du bien à la tête, ce genre de forum. On est très vite tenté par la distinction binaire. Les méchants, les gentils. Pas très glorieux, comme enseignement.
D'abord, je me suis rendu compte que le chauvinisme est une maladie contagieuse. Je me suis très vite soigné, après avoir relu ce que j'avais écris sur la crise en Côte d'Ivoire, où je me suis retrouvé à défendre la politique française en Afrique. Oui, je suis tombé aussi bas. Je me suis fait une cure de Daniel Mermet, et ça va mieux, merci.
Depuis, il m'est arrivé moi aussi de poster des sujets critiquant la France. Histoire d'être plus près de mes opinions, plus nuancé. Ainsi, j'ai écris un petit texte où je m'indignais d'un projet de loi Français qui désirait qu'à l'école, on présente la France sous un jour plus positif dans son rôle de colonisateur.
Quelle ne fût pas ma surprise de les voir tout à coup modérés, indulgents avec nos chers députés ! Celui qui disait dans un autre sujet que les Français étaient tous des Nazis pendant la guerre, et le sont restés depuis par l'entremise de De Gaulle et Mitterand, défendait là le projet de loi, en disant qu'il ne voyait aucun problème dans le fait qu'un pays veuille se donner une image positive pour ses générations futures.
Bon, vous avez compris le fonctionnement.
Passons maintenant aux Français. Là, j'ai découvert mes premiers Chiraquiens. Intéressants. Pas mal de gauche modérés Un FN (qui s'est appelé lui-même "Austère"). Quelques "anti-français" (mais que fait Superdupont ?). Parmi eux, outre les frustrés de la communication, des cas intéressants, comme un indépedantiste Catalan.
Côté américain, basiquement des Républicains plus proches des "Minutemen" (les tarés qui préconisent le tir à vue pour freiner l'immigration clandestine) que de George. Quelques monomaniques de la pilosité supposée des Françaises et de l'odeur pestilentielles de leur compagnons, qui n'en sont pas, vu qu'ils sont tous homosexuels Deux Britanniques (De Gaulle avait raison!), un Hollandais. Quelques defenseurs, aussi. Deux trois Américains qui ont passé un bon séjour à Paris dans les années 80 et qui souffrent manifestement d'insomnie, un Cajun, deux ou trois Canadiens, un Australien (il a pardonné Mururoa, lui ?), un expatrié américain, quelques Européens.
Tout cela fait une faune assez rigolote, à la fin. Il est assez intéressant de noter que parfois, les Français forment une coalition et se mettent en grève (il ne parlent plus qu'un français intraduisible par Google, genre "toutfa son cédeutour feusètro dom brauzotre bildigne"). Ca agaçe prodigieusement les "French Bashers".
De tout cela, il ne sort rien, si ce n'est une piqure de rappel pour nous dire que la réalité, c'est ce qui fait mal quand on éteind l'ordinateur.
23 février 2005
Les médias, ah, les médias...
Relevé sur le net : http://www.bradblog.com/archives/00001187.htm

Ca m'a bien fait rigoler.
Question médias, nous autres, on fait pas bien mieux, mais là, ils ont l'avantage de la clarté dans la propagande...
Ca m'a fait penser à la phrase d'Audiard, "quand les cons seront sur orbite...", ça convient bien aux photos sattelites.
