Quand je ne la ferme pas, je l'ouvre.

Je suis un glaneur de sons. J'enregistre tout et n'importe quoi. Et quand je n'enregistre rien, je cause. A ma femme, ou ici, selon les disponibilités...

12 février 2007

En mémoire de l'abbé Pierre...

Oh, je vais pas me lancer dans des épitaphes, ni des hommages convenus...
Il se trouve juste qu'Emmaüs a fait partie de mon histoire familiale, que j'apprécie beaucoup ce genre de communautés... Et pis que, il y a bien longtemps, j'avais fait le montage d'un film amateur d'un membre d'Emmaüs International, qui consistait en des images assez mal cadrées de l'abbé Pierre visitant les toutes nouvelles communautés en Roumanie (à Iasi, et j'ai oublié l'autre...).
J'avais composé une 'tite musique pour aller avec certaines images. Y avait quelque chose de mélancolique, dans cette visite, alors, à mon habitude, j'ai fait quelque chose de carrément triste avec un piano désaccordé (et un jeu qui ne l'est pas moins...).

Attention, c'est des fichiers OGG :

Abbé Pierre 01
Abbé Pierre 02
Abbé Pierre 03

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24 août 2006

La politique est déprimante

Périodiquement, mon épouse me demande "alors, qu'est ce qu'il se passe dans le monde ?"

Après avoir réfreiné une envie de lui rappeler qu'elle est abonnée aux newsletters de la Sierra Club Coalition, du New York Times et de Moveon.org (hé, ho, elle aussi, elle pourrait me faire une revue de presse!), je lui résume ce que j'ai lu la veille dans Libé, sur rezo.net, et le long de l'amalgame confus de liens parcourus au cours de mes pérégrinations sur le ouèbe au boulot.

Force m'est de constater que, ces temps-ci, politiquement, j'ai envie de jouer à des jeux vidéos. Faire du vroum vroum en chantant l'Internationale quand j'arrive premier (tout ça parce que je ne connais pas toutes les paroles du chant des Partisans. D'ailleurs, celle là, je la fredonne uniquement à ma fille pour l'endormir, quel dommage...), ou jouer à Civilization en niquant toutes les autres civilisations avec un régime écologiste à consonances communistes et pacifistes.

Parce que, bon, pas plus que l'année dernière ou l'année prochaine (vous y croyez encore, au retour de la gauche en 2007?), l'actualité politique est déprimante.

J'en tire d'ailleurs la conclusion que les gens sont de plus en plus cons.

Le prix du plein augmente, et que réclame l'opinion ? Une vraie politique alternative au tout bagnole, avec péages à l'entrée des villes (après Londres, j'ai lu que Milan s'y est mis aussi), chèque transport pour des abonnements aux bus ou aux trains, relocalisation d'industries...

Non. Une réforme de la TIPP.

Les gens sont des cons.

Ou encore, ils semblent préférer ou l'extrême droite, ou la fadeur centre gauche. A pleurer.

Quand on va du côté des politisés, des militants, même s'ils semblent au fait de ce qui se passe et de ce qu'il faudrait faire, ils me semblent déconnectés du monde. Enfin, de l'opinion. Ils devraient se faire des stages de regardage intensif de la télé, avec prise de notes des sujets évoqués, et reformulation des problèmes pour transformer la bile visqueuse servant de réflexion aux journalistes télé en appui de leur thèse.

Exemple : plutôt que de gueuler sur le traitement médiatique de la crise des banlieues, pourquoi ne pas reprendre le nombre des voitures brûlées pour estimer la masse de CO2 supprimée de la moyenne nationale ?

Bien sûr, je déconne. Je suis déprimé.

Aujourd'hui, j'ai dit à ma femme que, si ça se trouve, en 2008, on aura des femmes présidentes aux Etats Unis, en France et en Allemagne. Elle a dit que ça serait bien, non ?

Cinq minutes après, ma voiture tuning-turbo-machin chouette tirait la bourre à une demi douzaine de tarés du volant...


Note le lendemain : en plus, ce matin, je lis dans le journal que des chauffeurs de bus Lyonnais se sont mis en grève pour protester contre les mauvaises conditions d'hygiène dues à la fréquentation de leurs lignes par des SDF et des Roms. Les gens sont des cons.

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13 juin 2006

Dégoût quotidien

Alors, monsieur le Policier, voilà la situation :

Ma femme est de nationalité américaine. Nous nous sommes mariés en 2005. Oui, je l'avoue, s'il n'y avait pas eu cette différence de nationalité, nous ne nous serions certainement pas mariés. Ca n'a pas de signification réelle pour nous, si ce n'est l'occasion de réunir ceux qu'on aiment et de se bourrer la gueule en Anglais et en Français jusqu'à cinq heures du matin. Mais on est rentrés en bus, hein, pas d'alcool au volant, houla, non...

Toujours est-il, voilà, nous sommes mariés. Avec un peu de chance, elle pourra faire sa demande de nationalité dans trois ans, qui sera traité dans l'année qui suit. Enfin, moi, j'ai surtout connu des gens qui attendaient parfois quinze ans, mais bon, oui, c'était des magrhébins, et, oui, monsieur le Policier, ils sont accueillis dans notre magnifique pays et ils se plaignent d'un rien, quels ingrats, hein...

Je ne vous ferais pas l'injure de quelques réflexions humanistes quant au traitement qu'on inflige à des populations entières sous prétexte de leur origine socio-culturelle et géographique. Non, depuis que c'est une valeur d'extrême gauche, j'ai viré tout ce que ma bibliothèque comptait d'humanisme, des essais de Pascal (oui, oui, les vieux billets de 500 balles, c'était le bon temps, hein ?) aux brulôts de Bourdieu, de toutes façons, c'étaient des sales communistes, ha, parlez moi du péril rouge...

Bon, toujours est-il, je me suis marié avec une citoyenne des Etats Unis. Oui, un beau pays, avec une police qui a des moyens. Enfin, moins de moyens que vous, en fait, mais ils ont le droit de tuer, eux, au moins... Avec le discernement du à l'expérience, oui, bien sûr, certainement...

Bon, disons-le tout net : ma femme est étrangère, voilà. Oui, oui, j'entends bien que c'est pas pareil, c'est des bons étrangers, mais voilà :

Il se trouve que nous vivons dans un état de droit. C'est à dire que toute loi s'applique à tout le monde. Donc, les lois que passe votre patron (béni soit son nom) contre les méchants immigrés plus ou moins colorés qui veulent venir pointer aux Assedics dans notre splendidement incroyablement beau pays, toutes ces belles lois s'appliquent aussi à ma toute européenne de femme (quoique certains disent qu'elle aurait du sang amérindien du côté de son père, mais bon).

Je me doute bien que votre Saint Patron modifiera cette abbhération qu'est l'état de droit, mais bon, vous savez ce que c'est, ça va certainement faire des complications administratives, tout ça.

Alors, d'ici là, j'ai une petite frayeur.

Dans un mois (en juillet 2006), une merveilleuse petite fille va advenir de notre union. Or, nous comptons bien lui parler dans la langue de Molière comme dans celle de Shaekespeare. Et lui faire profiter des chances de la double nationalité. Comme ça, quand un pays devient vraiment trop pourri, arriéré, cul béni et intolérant, elle peut aller dans l'autre pays. Quoi? Oh, oui, bien sûr, je parlais des Etats Unis, bien sûr, bien sûr... Georges Bush, hou, mauvais, hou, quoique j'ai du mal à définir la différence profonde entre son Patriot Act et ce que nous pond l'actuel gouvernement, quoi, non, j'ai rien dit, moi...

Bon, j'y viens, j'y viens : voilà, j'ai lu qu'il était question de refuser la nationalité aux enfants qui parleraient la langue d'origine de leurs parents.

Hum.

Comment qu'elle ferait, ma femme, s'il m'arrivait quelque chose ? Sans attaches juridique à ce pays exepté son enfant, il ne faudra plus qu'elle lui parle anglais, afin qu'elle ait une chance d'avoir la nationalité (de ce beau pays magnifique et tout et tout) sa majorité venue ?

Et à l'école ? Il faudra l'interdire de cours d'anglais ?

Alors bon, tout respect conservé à l'égard de votre Saint Patron, ça serait pas contre productif, ses mesures ?

Je dis ça non pas pour tous ces enfants qui font le lien entre leurs parents maîtrisant mal le français et ce (putain de la vache qu'il en pête de) pays en leur traduisant dans leur langue d'origine les formulaires administratifs plein de jargon que personne n'a eu l'idée de traduire, non plus pour tous ses clandestins qui ne vont plus avoir le choix que celui de la criminalité pour s'en sortir, et encore moins pour le désert artistique qui adviendrait dans une société repliée sur sa culture qui sent quand même bon le purin...

Non, je ne dis rien en rapport de tout cela. Je fais tout pour devenir de droite : je ne pense qu'à moi et à mon confort personnel sans voir plus loin que le capot de mon 4x4...

Et c'est justement pour cela que...

Voilà, toute modestie mise à part, ma gonzesse, elle est vachement forte. De l'avis des entreprises de nôtre tout nouveau pôle de compétitivité en pharmacie, ici à Lyon, c'est la meilleur formatrice en anglais du Rhône. Et si Sarko passe en 2007, on émigre à San Fransisco. Oui, on va tester ce que ça donne pour moi, le système d'immigration... Mais n'empêche : ça sera de la fuite des cerveaux.

C'est con, hein ?

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16 novembre 2005

Considérations politiques

Tiens, ça faisait longtemps que je n'avais pas parlé dans le désert...

C'est marrant, cette sensation d'avoir envie de dire quelque chose pour résoudre les problèmes du monde. Je devrais faire mienne cette citation de je sais plus qui, "le monde marcherait mieux si tout le monde faisait comme je dis qu'il faut faire" (une citation du patrimoine intellectuel collectif, certainement).

L'avantage de mon boulot à la con, c'est que j'ai plein de temps pour réflechir et me tenir au courant de ce qui se dit principalement dans Libé, le Monde, et Rezo.net. Et aussi à l'assemblée nationale et au sénat, si, si, je lis les rapports du sénat. Impressionnant, hein ?

J'ai impressionné ma femme quand j'ai utilisé ma ligne de budget "loisirs", celle qui est entre "budget clopes" et "budget coiffeur" (la dernière se reportant souvent sur la première, d'ailleurs), pour acheter le pavé de mille pages de Robert Fisk, "La grande guerre pour la civilisation". Elle est impressionnée, ma femme. Par le fait que je n'ai rien à dire sur les aternoiements sentimentaux de Kévin avec Cynthia, mais que je peux tenir deux heures de monologue sur la nécessité de ré-allouer les subventions de la PAC au développement de l'agriculture bio, et de ne pas tomber dans le piège de l'éthanol quand on sait que l'agriculture intensive est un désastre écologique et économique, et qu'on en arrive nécessairement à la nécessité impérative de la décroissance comme le préconisait le rapport Burtland en 1987, qui précédait le sommet de Rio en 92 et a été sabré par la création de l'OMC, j'arrête, ça me reprend, je m'emballe, et je vais perdre le fil de ce que je voulais dire.

N'empêche qu'on voit bien maintenant que ce rapport était prémonitoire, oui, pardon, j'arrête.

Tout émoustillé par l'admiration de ma femme (c'que c'est bon...), j'en oublie de lui rappeler qu'un vrai passionné de politique qui voudrait faire quelque chose pour changer le monde ne se contente pas de lire le journal, de pavoiser devant sa femme et son chat, et d'écrire des trucs que personne ne lit, snif.

Bon, promis, je vais m'y mettre, mais l'enfer, c'est les autres, et je les voie déjà, tapis dans l'ombre, prêt à me faire changer d'avis avec leurs arguments bien plus fouillés, structurés, et surtout convaincus que les miens. Les salauds...

Alors que, comme je le rappelais, le monde irait beaucoup mieux si on faisait comme je dis. Mais les gens sont méchants, et ils croient que c'est eux qui ont raison (c'que les gens sont bêtes, quand même...) !

Bon, qu'est ce que je voulais dire sur les derniers évenemments d'actualité ?

Oh, pas grand chose sur les banlieues, si ce n'est une réflexion de ma femme. Elle a presque hurlé de rire quand elle a entendu que des émeutiers lancaient des boules de pétanques sur les CRS.

"Et vous dites que c'est un problème d'intégration ? Mais ils sont intégrés, ils utilisent des  fucking boules de pétanques !"

C'est vrai qu'ils nous gavent, avec leur "problème d'intégration", "déficit du modèle républicain", etc. Encore une fois, on se défausse sur l'immigration. Encore une fois, c'est l'immigration le problème, à la base. J'ai même lu, dans le Figaro (oui, je lis le Figaro au boulot, pour qu'on me traite pas d'unilatéral idéologique) que les émeutiers étaient surtout Noirs, et que c'était parce que les familles d'Afrique sub-saharienne (j'adore l'usage de cette expression pour pas dire "Noir" et ne pas sembler raciste...) avait coutume de laisser l'éducation de leurs enfants au village entier...

Plus gerbant encore, j'ai entendu le compte rendu du procés de Jérémie, le gamin qui a pris quatre ans ferme pour avoir brûlé un magasin, insistant sur le fait que ses parents avaient tenté de l'empêcher de rejoindre "ces gens-là", et qu'il avait juste voulu "suivre les autres". Sous entendu : ce bon petit Français avec un bon petit nom Français est victime de la mauvaise influence des jeunes de son quartier, qui eux sont comme ça à cause de la culture de l'Afrique sub-saharienne qui laisserait les gamins faire ce qu'ils veulent sans aucun contrôle...

Et on ose dire que nos médias sont meilleurs que les médias des autres pays, comme, par exemple, allez, au hasard, les Etats Unis où tout le monde regarde Fox News...

Mais bien sûr...

Ils seraient heureux si ils faisaient plus de 5% d'audience, mais passons...

J'adhère beaucoup à la définition de ma femme des Français : ce sont des moutons imbus d'eux-mêmes et tranquillement, presque innocemment, racistes.

Au risque d'être d'accord avec ce que disait Jack Lang sur la BBC, les dernières émeutes sont la preuve que "ces gens-là" sont on ne peut plus intégrés. Ils ont fait une magnifique démonstration de leur compréhension de la devise "liberté, égalité, fraternité". Et ils ont bien compris que cette devise n'est pas appliquée. Et que le problème n'est pas l'immigration. Ni même l'intégration. Le problème, c'est le racisme tranquille de la population. Et leur gouvernement autiste et hypocrite.

Mais bon, on va faire confiance à la police pour ramener le calme, puisque c'est la priorité...

(Quand je lis cette phrase, j'ai une de ces envies de prendre un bouteille en verre, mélanger du savon liquide avec de l'essence, insérer un tissu dans l'embouchure, et jeter ça sur la préfecture...)

(Tiens, peut être que cette dernière phrase va me valoir une visite de la police...)

(Pourtant, pour moi, un cocktail molotov, c'est de la vodka, du grand Marnier et du sirop de fraise, frappé et but cul sec. L'autre recette, je l'appelle "cocktail certes extrème mais circonstancié"...)

Oh, j'y pense : le discours de Chirac !

Passons sur les platitudes qu'ils nous ressort tous les dix ans : pourquoi le Grand Con (tm) a-t-il ressorti ses lunettes ?

Moi, ça m'a fait pensé à ces photos, où on le voit visiter des installations nucléaires avec son pote Saddam Hussein...

Passons à un autre sujet, plus débatoire (ça se dit ?):

Je me suis intéressé à un concept qui mérite débat : la TVA sociale.

Ca va peut être paraître surprenant, mais je trouve le concept intéressant.

(Non, non, j'ai pas pris ma carte à l'UDF, et je ne suis pas partisan de DSK à la présidence...)

J'explique un peu l'idée :

La TVA sociale, c'est reporter certaines charges qui pèsent sur les salaires sur la consommation.

Dans son rapport au sénat (j'ai lu ce pavé de 500 pages, si, si...), Jean Arthuis défend son idée comme suit :

Si on reportait certaines charges sociales sur deux ou trois points de TVA supplémentaires, le gain serait tel (de l'ordre de 15 milliards) qu'on favoriserait la compétitivité française en deux temps :

- salaires bruts charges patronales incluses moins onéreux

- les produits importés paieraient notre "modèle social" (je croyais qu'il était redistributif, mais passons)

- nos produits BBR (bleu blanc rouge), n'étant pas soumis à la TVA, deviendraient plus compétitifs.

Autant le dire tout de suite : l'idée m'a séduit. Adepte de la décroissance, toute mesure qui tendrait à réduire la consomation des sous merdes qu'on nous vend comme du rêve me fait bicher.

Par ailleurs, un constat s'impose: financer la sécu sur les salaires, quand il y a du chômage, c'est un peu suicidaire. La CSG est là pour redistribuer, mais bon, ça fait peur aux investisseurs, ils sont terrifiés à l'idée de perdre 16 % (taux appliqué aux plus values, avant la réforme fiscale qui va la ramener à que dalle pour encourager le patriotisme économique et l'investissement des épargnants). Vous avez remarqué comme les investisseurs sont peureux ? Une menace de pénurie du pétrole, pouf, plus 20 % d'augmentation ! On a envie de les prendre dans nos bras et de leur faire un câlin, pour les rassurer. Tiens, Ernest Antoine, prend ta tétine...

Bon, où j'en étais ?

Ah oui.

Donc, reprenons les avantages positifs : nos produits deviendraient plus compétitifs sur le marché intérieur (hausse des prix des produits importés) et sur le marché extérieur (baisse du coût d'un produit).

Rappelant que, alors que la croissance stagne et que l'emploi peine à rattraper les départs à la retraite, la consomation, elle, se porte bien. Elle se porte surtout sur les produits venant de pays où la protection sociale est MBQPECWWW ( la Meilleur Blague Qu'on se Partage Entre Courtiers, Warf Warf Warf).

Donc, taxer des pratiques anti-sociales, c'est tentant.

Taxer la consomation dans un monde où il faudrait une douzaine de planètes pour soutenir une croissance mondiale qui amènerait le Bengladesh à notre niveau, ce serait même une mesure de salubrité.

Enfin, rendre les entreprises plus compétitives, ce serait un frein aux délocalisations, voire même un outil de relocalisation. Et ça, c'est bien, parce que d'une part, ça donne du boulot à tout le spectre de l'emploi (il est stupide de dire que l'Europe s'en sortira quand tout le monde sera ingénieur, comme Monsieur Sylvestre, de France Inter, pas des Guignols, le serine une chronique sur deux), et d'autre part, parce que le transport de marchandise de Montluçon à Guéret est moins polluant que de Dehli à Paris.

Bon. Voilà pour les arguments pour. Je dois avouer que je me suis laissé séduire.

Or, voilà t'il pas que j'ai réflechi. Aïe bobo la tête.

- cette mesure ne serait valable sans hausse des salaires. A ce sujet, je trouve joli la formulation de Jean Arthuis dans son rapport : la réforme serait pleinement efficace en cas de "modération des revendications salariales". Sans parler de pouvoir d'achat et de toutes ces revendications communistes : si les Français consomment moins du fait de l'augmentation de la TVA, l'économie ne s'améliore pas. Les exportations, s'est bien, mais la France n'est pas exportatrice comme l'est l'Allemagne. Voilà un paramêtre à prendre en compte. D'où la nécessité de partager les profits. Par exemple, baisse des côtisations patronales de deux tiers, et des côtisations salariales d'un tiers (ou l'inverse, mais j'ai tellement de peine pour Ernest Antoine quand il me regarde avec ses yeux mouillés en suçant sa tétine rose que je veux lui faire plaisir).

- Selon son rapport même, les bénéfices en terme de croissance et d'économies seraient quasiment indécelables. De l'ordre de dix fois moins que les 35 heures, aïe, maintenant c'est Jean Arthuis qui me regarde avec ses yeux mouillés...

- C'est rigolo, mais il se trouve que j'étudie les finances publiques, ces temps-ci. Et qu'il est dit dans la constitution que le budget se doit de respecter l'unité. C'est à dire qu'on ne peut allouer directement une recette à une dépense. La TVA ne paye qu'exceptionnellement les dépenses sociales. L'Unedic et la Sécu se payent sur les salaires, point. A l'état les recettes fiscales (TVA, impôts sur le revenu, etc.), aux organismes sociaux les côtisations sociales. Donc, constitutionnelement, il est impossible de définir une TVA Sociale dans la loi. Par contre, on peut voter une hausse de la TVA, puis dire que l'état subventionnera les organismes sociaux à hauteur de 3 points de TVA, comme ça, au jugé.

Ca me rappelle quelque chose. La vignette auto, qui était censée rapporter des sous aux vieux... Promesse électorale qui se rapporte à que dalle passque voyez, la conjecture est élastique, zoïng zoïng...

Là, nous avons une magnifique démonstration de la TVA Sociale ou "comment entuber une fois de plus les salariés sous leurs applaudissements"...

- dernier argument contre, et ça me fait de la peine, parce qu'encore, une mesure qui pénaliserait la consommation de DVD et de 4x4 me procure une sensation intime de plaisir proche de l'érection : la TVA est un outil de compétitivité pour nos produits, OK. Dans ce cas, pourquoi ne pas l'utiliser dès maintenant, et baisser de ce fait les charges sociales qui pèsent sur nos entreprises, un instant, faut que je mette Ernest Antoine et Jean devant un Disney histoire qu'ils me lâchent un peu. En ponctionnant pour ce faire des budgets grotesques comme celui, par exemple, au hasard, celui de l'armée...

- Dernier argument pendant que les enfants regardent Nemo : le modèle social Français, si je ne m'abuse, est redistributif. Le gouvernement, et même la prétendue opposition, font du détournement de langage quand ils prétendent défendre le modèle social et baissent les impôts.

Alors bon. Conclusion.

La TVA sociale n'est jamais qu'une hausse de la TVA. Aux gouvernements de décider s'ils subventionnent ou pas les organismes sociaux (de là : danger des dérives par rapport aux promesses). Aux entreprises de décider si elles préfèrent le profit immédiat ou la redistribution de leur richesse. C'est marrant, j'ai dans l'idée que l'idée ne viendrait pas automatiquement à l'un ou à l'autre...

Fini, l'idée séduisante. Tant pis. Au dodo, les enfants...

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09 juillet 2005

Il faut parler comme Ernest Antoine

Avant-hier, sur France Inter, un journaliste parlait de la couverture de la presse britannique sur la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2012. Suivaient quelques réactions de membres (français) du CIO, qui s’agaçaient du ton proverbialement disgraceful des journaux d’Outre Manche.

Le lendemain, quelques membres du CIO (les mêmes ?) commentaient la blague anti-britannique de Jacquou le Croquant (« L’agriculture anglaise n’a jamais donnée à l’Europe que la vache folle »), assurant le journaliste inquiet du peu d’effet de cette pique de mauvais goût sur le jugement des autres membres qui devaient se décider dans la journée.

L’une, l’autre, ou les deux considérations ont manifestement été fausses. Cela ne fera qu’ajouter une ligne à la longue liste des écarts aveuglément nationalistes et autres de médias qui se veulent (et même se considèrent) objectifs.

Depuis que le rêve Parisien est parti aux oubliettes, nous pouvons à nouveau entendre parler de notre sujet préféré (nous) à longueur de journée. Et qu’entendons nous ? Que, depuis ce refus du CIO, depuis le Non  la constitution, nous étions déprimés. Si, si, arrêtez de rigoler, nous touchons le fond. Nous n’avons pas confiance en nous, nous avons peur de l’avenir, nous tremblons devant la mondialisation, nous nous faisons tout petit devant elle, tentant de protéger de nos maigres plumes mouillées les quelques derniers acquis sociaux hérités d’un temps brillantissime, certes, mais révolu. Et que nous le sentions bien, ça.

Je ne sais plus quel journaliste a dit ça, mais en l’écoutant, ça me semblait évident que c’était lui qui était déprimé. Il s’était enfilé le champagne prévu pour fêter les Jeux à Paris, ça avait un goût amer. Il avait mal dormi, il faisait trop chaud, et il ne pouvait pas se payer de clim à cause des impôts. Il s’était mollement traîné à la rédaction, et au moment d’écrire sa chronique quotidienne, il s’est dit basta, tant pis pour le journalisme, j’ai envie de crier ma haine, mon désespoir et ma rage, je vais écrire sur moi. Le rédacteur est passé derrière, lui a conseillé d’aller se coucher, et a remplacé « je » par « les Français ». C’est bon, ça coco, et en plus, ça évite les frais de psychanalyse…

Manquerait plus que ce soit encore un Américain qui gagne le tour de France…

Je ne me lasse pas de cette merveilleuse pirouette à l’occasion de ces Jeux Olympiques. Avant, c’était l’union, l’espoir, tous pour la victoire. Après, c’est la faute à la déprime française, à ces mal-comprenant qui ont du mal à se contenter d’une dose jeux pour faire passer d’autres pilules.

La France est un grand malade qui refuserait de se faire soigner. Et vu que le sport (accompagné d’exubérance nationaliste), c’est bon pour la santé, ça va pas s’arranger.

Mais après tout, c’est tant mieux. Car qu’est ce qu’on en attendait, de ces J.O. ? Quelques milliers de touristes supplémentaires ? Une vitrine sur le monde entier ? Ah oui : l’occasion de créer un village olympique modèle en matière d’urbanisme et d’environnement (savoir que Lafarge était dans les supporters du projet Parisien me fait douter, mais passons). C’est râpé. Perdu le village modèle qui pollue pas. On va quand même garder la rénovation de deux ou trois stades, parce que ça, c’est important. Sans écouter les esprits chagrins qui rappelleraient que c’est lors de son déclin que l’Empire Romain a construit le plus de cirques…

Bon. Maintenant, ce sont les Anglais qui vont pouvoir mettre leur programme en application. Qui d’ailleurs ressemble au projet parisien comme deux gouttes de fleuve. Ils auraient copié ? Plus probablement, ils surfent sur l’inquiétude environnementale généralisée.

Monsieur Sylvestre (pas celui des Guignols, le chroniqueur économique de France Inter) a dit quelque chose de pas con. Mais c’est peut être parce que lui aussi était déprimé, et sa déprime ressemble parfois fort à mon enthousiasme.

Monsieur Sylvestre analysait l’évolution du G8 à travers les ans, qui est passé du traitement des questions strictement économiques au traitement des sujets d’actualité sans plus d’efficacité d’ailleurs. Les dirigeants du G8 avouent maintenant sans aucun complexe que le G8 ne gère plus rien de ce qu’il gérait par ailleurs très mal, qu’il a complètement démissionné de ses responsabilités de régulation de la mondialisation. On y va pour la photo de groupe et le golf local.

La tribune Chiraquienne sera certainement à la hauteur de celles des autres. Fustigeant un libéralisme violent, dont il applique les caractères les plus inégaux à la société Française, ou s’inquiétant de l’inaction des gouvernements face aux enjeux écologiques quand sa dernière victoire a été de pouvoir lancer le projet ITER qui éclairera peut être la salle des fêtes de Cadarache dans cinquante ans sans résoudre totalement le problème des déchets.

Et il ne sera certainement pas déplacé dans cette réunion Tupperware de « grands de ce monde ». D’illégitime, ce G8 est devenu inconsistant.

Mais revenons à notre beau pays, et à son gouvernement.

Là aussi, on peut être choqué par l’évidente inconsistance d’une équipe déjà en campagne. Il veut lutter contre le chômage en facilitant les embauches des Très Petites Entreprises (de mon temps, et je ne suis pas si vieux, on appelait ça des artisans), quand l’OCDE (qui est devenu entre temps un méga cabinet d’audit) considère que c’est plutôt les PME qui en auraient besoin. Mais c’est la France de droite. Coincée entre des monopoles et des artisans qui n’ont peut être pas envie d’atteindre une taille critique.

Ensuite, il veut promouvoir l’emploi de services aux particuliers. De quoi couler les PME dont c’est déjà le boulot. Et puis avec des abattements fiscaux à la clef (ça montre à qui ça va profiter). Cerise sur le gâteau, en exonérant l’employeur de charges sociales. C’est marrant, vous avez remarqué ? Ca fait un certain temps qu’on ne parle plus du trou de la Sécu !

Ensuite, l’un des trublions présidentiables du gouvernement préconise la discrimination positive. En oubliant au passage que ça nous forcerait à admettre la notion de race, mais bon, y a peut être du bon. Mais quelles sont ces propositions ? Ouvrir certaines places de Science Po à des élèves venant de ZEP. Ca donne l’exemple, ça permet de montrer un beur au fils à papa, ça évite de refondre la carte scolaire et d’investir dans un vrai programme éducatif. Populaire pour pas un rond, il est bon, ce Sarko.

Enfin, ce cher gouvernement compte bien protéger la FNSEA, pardon, l’agriculture française contre les attaques de la Perfide Albion.

C’est vrai que les porcheries bretonnes n’ont pas encore définitivement ruiné le sous sol armoricain. Et qu’il est indispensable de pouvoir cultiver du maïs sur un sol engraissé parce que trop pauvre pour nourrir une plante qui sert à gaver les vaches. Et d’exporter à bas prix vers des pays qui auraient bien besoin de s’en refaire une, d’agriculture…

A mesure que j’écris, je m’énerve. Pardon.

Ce Villepin le Pragmatique nous change peu du Raffarin le Communiquant. Ca brasse de l’air, ça oriente une économie vers un gouffre pour nous forcer à lâcher du lest. Ne serait-il pas temps d’en attaquer un ou deux pour haute trahison ? Dire défendre notre « modèle social » en faisant une politique aussi peu sociale, ça relèverait bien d’une coure martiale, non ?

Pendant ce temps, dans le pays de Tony qui ne pense qu’à envahir l’Irak et à transformer notre code du travail en document d’études en langues anciennes, la British Petroleum va construire, avec l’aide du gouvernement, une centrale électrique à hydrogène, produit avec du gaz naturel, tout en liquéfiant le CO2 ainsi crée et en le stockant dans d’anciens puits de pétrole.

Oh, bien sûr, c’est de la vitrine. BP avait déjà équipé certaines de ces stations aux Etats-Unis en panneaux photovoltaïques, et a sorti sans rire le « BP Diesel Ecology »…

Mais bon, je trouve que c’est un bon exemple de la mauvaise foi et du pragmatisme populiste de Jacquouille. Ou encore de la politique aubaine depuis les conneries de George de la Jungle et la naïveté navrante de Toto, qui lui permet de se racheter une virginité internationale. En effet, on aurait presque cru qu’il n’y avait plus que nous pour s’intéresser au sort des ours polaires.

En jouant sur le mode gentils-français-pacifisites-écolos contre méchants-méga-libéraux-pollueurs et va t’en guerre, il va réussir à anesthésier notre beau pays, le grand con !

J’en viens enfin à mon point.

L’autisme et l’auto satisfaction Françaises font perdre de vue que, à l’extérieur, y a des choses qui se passent, et qui mériteraient qu’on s’y attarde. Nous nous autoproclamons champions de la diversité en terme d’artisanat, quand nous sommes le pays avec le plus de supermarchés par habitant. Champion de la lutte pour l’environnement, quand nous avons presque autant de centrales nucléaires que le territoire nord américain entier. Ou champions du social, quand les vingt milles licenciements chez Nissan après la fusion avec Renault n’ont ni fait couler de larmes sur la fierté bleu blanc rouge, ni de l’encre dans les journaux, même de gauche…

Ceci posé, comme je le disais beaucoup plus haut, nous sommes déprimés, amorphes à force de ne pas réussir (à part les très gros navions).

Alors, je propose que nous changions notre discours. Que nous cessions de « revendiquer », mais que nous « osions ». Que nous apportions aux défis de ce siècle des réponses d’entrepreneur (oh, c’est beau, on dirait du Seillière).

Entreprenons !

L’agriculture française surproduit et affame l’Afrique ? Supprimons les subventions quantitatives, et basons les sur la qualité et le respect de l’environnement. Mieux, incitons les agriculteurs à diversifier leur champ d’application : qu’ils fassent de l’éthanol qu’on ajoutera à l’essence (ils font déjà ça dans l’Iowa, on va quand même pas se faire doubler par les Américains !), qu’ils produisent du méthane (comme dans quelques fermes allemandes, on va quand même pas se faire doubler par les Boches !), et fassent pousser de l’électricité en éolien et photovoltaïque ! En plus, ça insufflera de l’argent dans ce secteur, et favorisera le progrès technologique !

Entreprenons !

Le pétrole coûte cher et déstabilise des régions entières (vous avez vu ? J’ai même pas mentionné la pollution…) ? Chauffons-nous aux granules de bois ! Voire même aux déchets de bois et de carton ! Ca coûte moins cher, et ça développe l’emploi local !

Entreprenons !

Le trou de la sécu ? Celui des Assedics ? Donnons la priorité aux projets qui génèrent des emplois ! Pour un même coût, sur le long terme, un champ d’éolienne produisant la même quantité d’énergie qu’une centrale nucléaire crée plus d’emploi que cette dernière ! Soumettons les aides de l’état à la quantité d’emplois créée !

Entreprenons !

Les entreprises n’en peuvent plus des charges sociales ? Elles ont parfois besoin d’air ? Créons une Assedic des entreprises ! A laquelle elles cotiseraient, et de laquelle elles auraient des aides en cas de besoin. Imaginez Messier faire la queue devant la machine à tickets… Ca, c’est du social juste et égalitaire !

Entreprenons !

Les Français achètent trop de médicaments trop cher ? Demandons aux entreprises pharmaceutiques de faire figurer la part du prix de leur remède miracle donné à la publicité, aux séminaires, au démarchage des médecins, et invitons les Français à choisir en connaissance de cause !

Entreprenons !

La pollution fait tousser Youki ? Mettons les camions sur les trains ! Fermons les centres ville aux voitures ! Développons les transports collectifs doux et de proximité ! Ca fait plus d’emplois pour moins de pollution.

Entreprenons !

L’insécurité ? Détruisons les grandes barres d’immeubles, et construisons des maisons habitables. En pisé, tiens, Villefontaine, dans l’Isère, a construit un complexe de trois cents logements sociaux comme ça, et non seulement c’est beau, mais ça développe l’emploi local (de la terre, ça se trouve sous le sabot d’un cheval). On pourrait même réserver les emplois ainsi crée aux futurs habitants ! De quoi donner un sens au chez soi…

Entreprenons !

Les délocalisations ? D’une part, en mettant les camions sur des trains, le coût du transport des marchandises va faire la proximité du point de construction un critère de compétitivité. D’autre part, ça serait bien que l’OMC fasse son boulot, non ? Faire du salaire de l’ouvrier Chinois un indice de la taxation des produits importés, ça serait pas mal. Une taxe qui baisse au fur et à mesure que le salaire chinois augmente. Et puis, si on veut vraiment que les citoyens s’intéressent à l’Europe, ça serait bien d’en faire une Europe des citoyens. Avec tous les mêmes droits sociaux. Et là, on pourra parler de compétitivité (pour l’instant, j’appelle ça de la triche, mais bon).

Mais avant tout ça, si on détaxait les productions locales (ah ouais, ça sonne bien, « détaxer ») ? Dans un rayon inférieur à deux cents kilomètres, paf, la TVA à 10 % ! Et on emmènera plus les vaches limousines se faire abattre dans un abattoir italien.

Je pourrais continuer comme ça longtemps. Sans utiliser le mot « service public », ni taxe, ni toutes ces choses qui fâchent les « libéraux ». Uniquement en parlant de projets, d’entreprenariat, et même en baissant les taxes ! Parce qu’en mettant en application ces éléments de programme (je vous dirais quand je compte me présenter à la présidentielle), on génère des vrais boulots. Donc des recettes fiscales. Donc, adieu trou de la Sécu, déficits, publics, et même ISF (ça a l’air de leur faire tellement mal, et ça rapporte si peu).

Alors ? J’ai bon ?

Posté par ledamien à 10:11 - Politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 avril 2005

Y a des jours, on est con, mais con...

amourbush2

Des fois, j'ai rien à faire, alors j'utilise photoshop.

Je sais, je devrais me retenir.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir...

Posté par ledamien à 14:06 - Politique - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mars 2005

Ceci n'est pas un film sur Tonton

(Et ce titre n'est pas inspiré de Magritte...)

Hé bien voilà, je suis allé le voir, et franchement, je vois pas pourquoi on en a fait tout un foin médiatique (ça devait être les moissons...).

"Le promeneur du champ de mars", donc, n'est pas un film sur Mitterand. Parce que, d'abord, on ne l'appelle jamais ni par son nom, ni par son prénom, dans le film. Les seuls réglements de comptes qu'il fait concernent les "Rocardiens, les Jospiniens" qui veulent le renier, et son désintérêt pour la campagne socialiste de 1995.

Pas de grandes révélations sur quoi que ce soit. Quelques gags qui donnent bien une idée de l'humour du bonhomme (quand il décrit sa maladie à ses amis, en cassant des crevettes pour faire le bruit des os qui se détériorent, ou quand il joue au con avec ses gardes du corps).

 

Mais surtout, deux choses.

D'abord, une, purement sdénaristique. J'adore le rapport qui s'instaure entre Antoine, le jeune journaliste proverbialement idéaliste (et un peu con, il faut bien le dire) et le "Président". Une idée géniale des scénaristes est d'avoir fait Antoine completement paumé, largué par sa compagne, et en passe de retrouver de l'amour. Du coup, lorsque le président le laisse languir avant un nouveau rendez-vous, il se retrouve dans la situation de l'amoureux transi en train d'attendre que le téléphone sonne. Même chose quand il soupçonne le président de l'avoir mis sous écoute, il part téléphoner à sa petite amie chez les voisins, comme s'il voulait cacher cette relation à l'Autre...

Ensuite, ce que j'ai adoré dans le message du film : un passage le montre très bien.

Mitterand, énervé par les questions du journaliste sur ses rapports avec Vichy, répond à côté. Il parle d'un groupe juif qui veut que la France demande pardon à genoux, comme Willy Brandt, "mais ce n'était pas la France !".

C'est un homme qui est devenu son propre pays, avec ses mémoires refoulées, refusées, ses contradictions, ses périodes sombres qu'il refuse de reconnaître et d'affronter. Une autre scène, le président montre une photo prise en 42, où il est dans le maquis, en compagnie d'autres résistants. Un autre personnage dit plus tard au journaliste que cette photo n'a pas été prise en 42, mais en 43. Mais Mitterand insiste sans rage, tant il est convaincu par sa propre mémoire. Mémoire altérée par l'âge et, peut être, la peur de ne pas être en paix avec soi-même avant la fin.

 

Pour conclure, je ne pense pas que ce soit un film sur Mitterand, mais plutôt sur la fin de vie d'un homme qui se sait déjà personnage historique.

Et c'est très bien.

Surtout Michel Bouquet.

Posté par ledamien à 17:49 - Politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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