(Essayez de trouver des titres accrocheurs, vous verrez...)

Dans ma perpétuelle quête de perfection, qui, en tant que quête, à de beaux jours devant elle (je suis lent à la comprenette, je sais...), je me suis attaqué à une des bases de tout bon sonnier : l'ambiance.

Comment recréer une ambiance à partir d'un nombre n de p'tits sons disparates?

La réponse, tout le monde la connait : la réverbe.

Techniquement, il s'agit d'appliquer un algorythme sur une sinisoïde (ça se voit que j'y connaît rien ? Bon, je reprends...).

On a un son. On y applique un effet, ce qui revient à dire qu'un programme recalcule le son en fonction d'un effet désiré. Et pouf, la flûte dans votre chambre à coucher se retrouve dans la cathédrale Notre Dame.

On mesure l'importance de la maîtrise de tels outils pour un glaneur de son qui aimerait bien bruiter comme un presque pro...

Généralement, sur les Reverbes, on a plusieurs paramètres minimaux :

  • La taille de la pièce : ben évidemment
  • Le temps de la Reverbe : lié au précédent
  • Les "early reflections" : la reverbe est-elle forte dès le départ, ou plutôt discrète ?
  • La queue de la Reverbe...

(...)

Pfff...

Je m'y perds moi-même. Enfin, je sais que en jouant sur la taille de la pièce, la longueur de la reverb, son attaque, et en bidouillant un peu l'égaliseur derrière, j'arriverais théoriquement à recréer n'importe quoi.

Sauf que non. N'ayons pas peur des mots, faute de formation sérieuse sur ce sujet, je suis une buse, en reverb. C'est vraiment à l'oreille. Enfin, on dit que les bons fonctionnent à l'oreille, mais c'est après des années de métier. Or, moi, je n'ai pas des années de métier. Donc, il faut que je m'y mette.

A moins que...

Je viens juste de découvrir quelque chose qui va d'une part me sauver la mise, d'autre part ouvrir de nouvelles perspectives pour mes p'tites activités de glaneur de sons...

Les réverbes à impulsions fonctionnent radicalement différement. C'est très bien expliqué ici, avec des calculs, de l'historique, des exemples, mais pour faire vite, il s'agit, au lieu d'appliquer un algorythme à un fichier son, de lui appliquer un autre fichier son.

Apparté : pour des soucis de clarté personnelle, j'appelle ça des réverbes à impulsions. Mais elles utilisent des processeurs à convolution, et, quand on parle de ces petits fichiers sons dont je cause moi-même ci-après, il faut parler de "réponses impulsionnelles". Ca ressemblait trop à "circovonlutions" et à "réponse pulsionnelle" pour moi...

C'est simple : vous balancez un son très court qui couvre le spectre sonore (20Hz - 20kHz) dans n'importe quelle salle, vous l'enregistrez, vous coupez l'attaque, et qu'avez vous : le son de la salle. Les parois, les sols, les meubles, l'humidité ont renvoyé les fréquences qu'ils réverbéraient le mieux. Un mur en marbre et une planche de bois sonnent différement, un mur oblique et un mur droit itou, etc. Vous appliquez ce son à votre son à vous, de manière à ce qu'il accentue ou atténue, sur la durée, ses fréquences correspondant à celles de la salle.

L'avantage de ce système, c'est déjà d'être presque sûr de ne pas se planter. Vous voulez la réverbe d'une cathédrale, poum, vous chargez le "son" d'une cathédrale. A oui, mais vous voulez que la cathédrale soit pleine de monde, ah, ça change pas mal de choses (toutes ces robes de bure, ça amortit le son) : poum, un autre fichier avec la même cathédrale avec des moines en prière.

Je me suis déjà posé le problème de faire une réverbe de forêt : chaque arbre renvoie à sa manière le son, donnant une ambiance très particulière : casse tête en perspective.

Hé bien, avec les réverbes à impulsions, je prends mes micros, un ballon en baudruche, je vais dans les bois à un moment vraiment très calme (vos gueules les piafs), je fais exploser mon ballon, je reviens à la maison, et...

Je vais essayer ça bientôt. Je vous tiens au courant.

Note : je ne parle que de l'utilisation de cette technologie que comme reverbe, mais les applications sont beaucoup plus diverses que ça...