Et bon.

Ben voilà.

Par rapport au bouquin, y a comme une sensation de soufflé qui retombe, potoplof.

Oh, c'est un bon p'tit policier, un bon p'tit mystère, y a tout plein de jolis effets spéciaux...

Mais bon, c'est un peu moins bien rythmé, un peu moins bluffant, les acteurs cachetonnent sans pour autant être mauvais, et certaines scènes feraient presque rire, notament la scène de la révélation faite au personnage d'Audrey Tautou, Sophie Neveu.

C'est de cette scène dont je voulais causer, pour un truc qui m'a prodigieusement agacé. Un détail technique tout bête qui a contribué certainement à ma mauvaise perception de la dite scène.

Pendant un plan sur Tom Hanks, et un long plan de scène d'explication, en plus, la prise de son est à chier. Et je pèse mes mots.

Y a du souffle sur chacune de ses paroles, coupé dans chaque silence, caractéristique d'un "noise gate" de base. Il devait y avoir du vent ce jour là (les arbres derrière bougent pas mal). Du travail d'amateur.

Ce qui me surprend, c'est que, généralement, quand la prise est mauvaise, on la refait en post-synchro. C'est même devenu une manie sur les films Hollywoodiens, mais un peu moins en France, ou le cinéma est encore un artisanat (dommage que, par ailleurs, on ne donne toujours pas plus de moyens aux scénaristes, mais bon...).

J'ai lu à ce propos ceci, un manifeste des ingés sons aux Etats Unis à l'adresse des studios, se plaignant que, trop souvent, plutôt que de masquer une ombre de perche ou de réflechir à une alternative, on entend la phrase "on la refera en post-synchro" sur les plateaux de tournage. C'est dommage, on perd toute la qualité du son direct, et bien sûr une bonne part de l'interprétation...

Ou alors, on en fait un style à part entière, et ça donne les Sergio Leonne, Fellini, Visconti, etc.

Mais bon, là, dans cette scène du Da Vinci Code, ce n'était pas le cas. J'imagine qu'ils se sont dit encore une fois "on la refera en post synchro", sauf que Tom Hanks ne doit pas se déplacer en studio pour la beauté de l'art. Et donc, film grand public, ça a coûté assez cher et, même si le banco est assuré, "c'est assez bien pour ces cochons"...

Si même à Hollywood, où ça fait des années que l'on fait plus des "produits" que des films, la qualité technique se barre...

On s'était fait la réflexion avec ma femme, après avoir vu "The Island" (on en voit, des films d'auteur, hein ?), que les films, après les années 80 - 90 où on testaient les films sur des spectateurs branchés sur des électro cardiogrammes pour s'assurer que leur tension augmentait bien aux moments où il fallait, avait fait place aux années 2000, où toute l'action et le budget cascades étaient concentrées dans deux ou trois scènes (qu'on voit déjà par ailleurs dans les bandes annonces), le reste consistant en une accumulation de choses très méchantes que fait le méchant, et en oh et ha des personnages principaux devant la Révélation...

Bref, c'est vraiment devenu de la merde, les grosse machines Hollywoodiennes. On est loin des "Rencontres du troisième type", "Apocalypse now", etc.

Sinon, pour le Da Vinci Code, si le débat autour vous interpelle, lisez d'urgence "Le pendule de Foucault" de Umberto Ecco, et rappelez-vous d'une citation dans le bouquin de Dan Brown :"Everyone loves a good conspiracy". A méditer...